LE BAL DES FOLLES- VICTORIA MAS

29 août 2019 0 Par Manon

Rentrée littéraire 2019

Résumé:

1885.Paris. Elles s’appellent Geneviève, Louise,Thérèse, Eugénie. Qu’ont-elles en commun ? La Salpêtrière. Ce lieu, alors résidence des hystériques, des folles et des aliénées , organise une fois par an à la mi-carême le célèbre « Bal des folles ». C’est le « the place to be » de l’époque et le Tout-Paris y accoure.

La Salpêtrière a toujours été connue comme étant « le dépotoir pour toutes celles nuisant à l’ordre public ». À l’époque, il s’agissait aussi bien d’une femme voulant s’émanciper de son rôle d’épouse que d’une autre se promenant au bras d’un homme plus jeune…  
Cet hôpital était donc le lieu où les familles et plus particulièrement les maris, pères , frères envoyaient les femmes qui ne correspondaient pas au moule de l’époque. Cependant depuis que le Dr Charcot, éminent neurologue a repris la direction, il se dit que seules les véritables malades y sont internées … enfin en théorie …

Mon avis:


Victoria Mas signe un premier roman fort et singulier. Un récit traitant de la condition féminine au 19e siècle, sous le joug du patriarcat et où les femmes étaient réduites au silence.

Le bal, bien que finalement peu présent dans le roman, dénonce l’hypocrisie de la haute société parisienne et leur voyeurisme mal placé considérant les patientes comme des bêtes de foires.

« Sur la petite place en retrait de la route, une agitation inhabituelle a pris forme: des fiacres arrivent par dizaines, contournent le petit rond-point, s’arrêtent un à un. […] Certains, familiers des lieux traversent la cour d’honneur d’un pas assuré; d’autres découvrent les allées et les bâtiments avec une euphorie craintive »


L’auteure dénonce également le milieu médical de l’époque où ces femmes n’avaient le droit à aucunes distractions pas même un livre ! Leur traitement: compression des ovaires, compresse d’éther, hypnose… Le tout pratiqué également lors de « leçons » données par Charcot et associés devant un public d’étudiants plus passionné par le spectacle de ces femmes que l’attrait médical.

« Geneviève observe le public. Certaines têtes sont familières, elle reconnait là médecins, écrivains,journalistes, internes, personnalités politiques, artistes, chacun à la fois curieux, déjà converti ou sceptique. Elle se sent fière. Fière qu’un seul homme à Paris parvienne à susciter un intérêt tel qu’il remplit chaque semaine les bancs de l’auditorium »


En résumé, je rejoins l’avis général concernant ce roman! Je l’ai trouvé bien écrit et très prenant. Bien que l’ayant dévoré il n’a pas été pour moi un coup de cœur mais il sera peut-être le votre 😉.

Je remercie les éditions Albin Michel pour cet envoi.

Edit: Lauréate du Prix Stanislas 2019 (29/08/19)

Editeur: Albin Michel, 21/08/2019, 256 pages