AVEC TOUTES MES SYMPATHIES- OLIVIA DE LAMBERTERIE

1 January 2020 0 By Manon

“J’écris pour chérir mon frère mort. J’écris pour imprimer sur une page blanche son sourire lumineux et son dernier cri. Pour dire ce crime dont il est à la fois la victime et le coupable. À moins que nous soyons tous coupables, nous qui n’avons pas su l’empêcher, ou tous victimes, nous qui ne vivrons plus qu’à demi.”

Ce roman je l’ai pris, reposé, repris etc… Une intense envie de le lire mais une grande peur aussi. Peur de ce qu’il contient et d’avoir le moral au plus bas… Et puis je me suis enfin lancée. Je ne vous cache pas que oui j’ai pleuré, oui le moral ne faisait pas la danse de la joie mais l’écriture d’Olivia de Lamberterie a réussit à transcender toutes ces émotions. C’est un récit sans pathos et terriblement honnête. L’émotion est présente mais exprimée tout en finesse et en pudeur.

L’auteure nous raconte son frère Alexandre qui le 14 octobre 2015 mit fin à ses jours à l’âge de 46 ans. Ce frère flamboyant, fan de David Bowie, délaissant la capitale pour Montréal et qui luttait depuis des dizaines d’années contre la mélancolie, nommée plus tard dysthymie. Un mal-être qui semble se transmettre dans la famille de Lamberterie, telle une malédiction… « Quelle était la nature de cet invisible héritage lestant nos aubes avant de se dissoudre dans le rythme forcené des journées toujours susceptible de resurgir au petit malheur la chance ? »


Écrire
Ce n’était pas prévu pour l’auteure. Chroniquer plutôt que créer. Échéance sans cesse repousser. Puis ce drame et cette nécessité de coucher sur le papier son frère, son chagrin, sa colère mais également tous les moments de bonheur avec lui et sa famille. Leur enfance, leur insouciance. .

Comprendre le geste
Il n’en était pas à sa première tentative. Mais sa chute dans les profondeurs s’est accélérée cette année de 2015. Une hospitalisation. Le pire derrière lui, derrière eux. C’est ce qu’il laissait croire car pour Alex tout était déjà écrit bien avant cet été là … Sa femme Florence, retrouvera de nombreuses lettres d’adieu pour elle, ses enfants,  ses amis « Je suis désolé mais pour moi c’est mieux […] Merci de m’avoir aimé. Ça m’a fait vivre »


Il est difficile de parler de ce récit. J’ai eu du mal à écrire cette chronique. Retranscrire ce que l’auteure nous transmets ne peut être appréhendé que par sa lecture. Ce n’est pas le récit du deuil mais celui de l’amour. L’amour d’une sœur pour son frère et de son absence dorénavant à jamais présente…


Vous l’avez-lu? Aimé?

Merci Livre de poche pour cet envoi.

Prix Renaudot essai 2018

Editeur: Stock,22/08/18,256 pages – Livre de poche, 28/09/19, 288 pages