POETICIDE- HANS LIMON

10 février 2020 0 Par Manon

Varions les éditions

« C’est au berceau qu’il faudrait les prendre.Les pendre. Avant qu’ils ne sachent écrire ou parler, autrement dit mentir, aveugler, recouvrir, dissimuler. Des faux-monnayeurs par nature ou vocation. Le ver est dans la pomme et la pomme en ma paume: à moi de l’engloutir. C’est ma contribution à l’ordre universel, ou plus modestement mon petit coup d’épieu à l’historiographie[…]. L’uchronie satisfaite. Comme une odeur de colle et d’innocence… »

Mais dans quoi je me suis embarquée pour redémarrer le challenge de @madame.tapioca et @margot.mci 🤣. Ce mois-ci on lit @quidamediteur et j’ai donc lu l’ovni littéraire « Poéticide » de Hans Limon.


Cette chronique n’a pas été facile à rédiger car je ne savais pas par où commencer 😱. Mais je vais commencer par le début …

Imaginez un monde sans poésie ?
Ne serait-ce pas le déclin de notre esprit ? Au revoir rêveries, imaginaire. Adieu lyrisme de l’éphémère. Au revoir figures de style, rimes suivies croisées et embrassées.
Sans oublier l’Alexandrin où l’on comptait sur nos mains.


Personnellement je trouverai ce monde bien triste. Mais ce n’est pas le cas de notre personnage. Pour lui un monde privé de ses poètes est un monde idéal.Jamais nommé mais aussi bien « viel homme » que « jeune homme » l’auteur nous emmène dans une véritable promenade littéraire côtoyant tour à tour Rilk, Rimbaud, Baudelaire, Poe, Shakespeare sans oublier son dieu des poètes : Victor Hugo mais il y en a bien d’autres… Cet homme revient à des époques bien précises de la vie de chacun pour les assassiner. Nous sommes alors spectateurs de dialogues improbables, terriblement délicieux mais redoutant cette fin. Et que reste -t-il de ses crimes ? De nombreux poèmes barrés…Qui est cet homme qui en veut à nos poètes? Un poète raté ?

« Ces poètes, ces visionnaires autoproclamés, ces loueurs de soleils, ces rimailleurs à la sauvette, les voilà tous morts. Et alors ? »

Ne se serait-il pas fourvoyé ?

Si j’ai apprécié l’exercice de style, je suis bien trop novice dans ce genre littéraire pour en avoir compris toutes les subtilités et tout le potentiel. Une lecture exigeante ? Oui et non. Disons que même si tout au long je me demandais dans quoi j’avais mis les pieds ne connaissant pas toutes les références, j’ai aimé ce côté décalé, mélange des genres: théâtre, prose et poésie.

Tuer les poètes pour les mettre à l’honneur. Tuer la poésie pour en faire l’éloge. C’est bien cela qu’Hans Limon exprime car oui Poéticide est bien une ode à la poésie dont l’auteur ne manque pas ! Libre à vous d’adhérer ou non mais dans tous les cas ce récit ne vous laissera pas indifférent !

Alors il vous tente ?

Belle soirée

Editeur: Quidam, 08/11/2018,100 pages