L’AMANT – KAN TAKAHAMA

27 avril 2020 0 Par Manon

« Je sais que vous ne m’aimez pas.

Que sans doute vous ne m’aimerez jamais.

Vous m’avez suivi jusqu’ici comme vous auriez suivi n’importe qui.

Je vous aime … Mais je suis seul avec cet amour. Atrocement seul. »

Ce soir je reviens donc avec cette adaptation du célèbre « L’amant » de Marguerite Duras. Étant une inconditionnelle du film, je ne pouvais pas passer à côté !

Je pense que vous connaissez toutes et tous cette histoire. L’auteure nous raconte son adolescence dans l’Indochine des années 30 et plus particulièrement sa rencontre à 15 ans avec un riche chinois de 12 ans son aîné. Leur relation durera un an et demi malgré les interdits et les préjugés de l’époque. « Il n’a pas la force de m’aimer contre son père, de me prendre, de m’emmener. »

L’amant c’est le récit de l’émancipation, de la découverte de la sexualité, du désir, de la manipulation des sentiments mais également des différences sociales de l’époque. Sans oublier les relations familiales assez particulières chez les Donnadieu. « Tu as raison de la battre. Il faut savoir la vérité »


Un pari osé d’adapter ce roman en manga! Et je trouve que le défi a été révélé car il est assez fidèle à l’œuvre originale que j’ai reparcouru en parallèle. J’ai bien retrouvé l’ambiance du film et du livre même si dans le roman Marguerite Duras fait de nombreuses disgressions.

Kan Takahama a su nous replonger avec son tracé dans la chaleur et la moiteur de Saïgon. J’ai apprecié l’ambiance générale avec ses couleurs chaudes et colorées ainsi que les traits des personnages bien qu’« anguleux ». La représentation de la nudité reste assez pudique malgré les scènes olé olé. Avec le recul je ne me rappelais pas qu’il y avait autant d’écart d’âge entre les amants. C’est un peu limite non ?! 🧐 Mais il faut reconnaître que c’est une histoire d’amour passionnée et la mangaka a su nous retransmettre cette fusion amoureuse tout en finesse et délicatesse.
Le film étant bien plus érotique 🤣

Résumé : « La narratrice, c’est l’autrice elle-même. Elle a 15 ans et vit en Indochine avec sa mère, veuve et ses deux frères. Pensionnaire dans un lycée pour étudier les mathématiques, elle ne rêve que de devenir écrivain. Sur le bac qui traverse le fleuve séparant son lycée de sa pension, elle fait la connaissance d’un riche chinois. Ils tombent éperdument amoureux et commencent une relation faite d’amour et d’argent qui durera un an et demi durant lequel ils se verront régulièrement. Marguerite devra faire face à la honte, la peur, la jalousie et parvenir à trouver sa place au sein d’une famille où il est difficile de s’imposer. «