VITE, TROP VITE – PHOEBE GLOECKNER

1 September 2019 0 By Manon

Challenge Varions les éditions

“Je ne me souviens pas de ma naissance mais je sais que j’étais un bébé très laid. Comme ça ne s’est pas beaucoup amélioré depuis, j’imagine que c’est un coup de chance si ma jeunesse l’attire”

HISTOIRE


Vite, trop vite c’est l’histoire d’une adolescente paumée, Minnie Goetze, dans le San Franscisco des seventies. Minnie, 15 ans et une forte ressemblance avec Linda Ronstadt , décide de coucher son quotidien dans son journal intime. Un refuge où elle peut s’exprimer en toute franchise. Il faut dire que sa famille est chaotique. Parents divorcés, mère un tantinet alcoolique et droguée et côtoyant de nombreux hommes.

Des conditions qui ne donnent pas vraiment une stabilité à la jeune fille. L’adolescence, la période des changements physiques et psychiques, des questionnements, des doutes et des complexes.
Ne se sentant ni désirée et aimée, elle tente d’oublier son mal-être dans la luxure : amant de sa mère, camarades de classe , inconnus… et femmes. Son désir de chair est de plus en plus fort et elle n’est gouvernée que par ses envies. Elle s’enfonce petit à petit dans les profondeurs se retrouvant dans des situations lugubres et malsaines.
.
Mais même si Minnie est parfois très énervante ( j’avais envie de la secouer), elle n’en reste pas moins touchante. On sent qu’elle est déconnectée des jeunes de son âge. Plus mature tout en étant toujours entre l’enfance et l’adolescence. En décrochage scolaire, elle est pourtant douée et adore dessiner des BD, le Français, David Bowie et les Doors.

“Ecrire et dessiner, c’est les deux trucs que je préfère. J’aime bien les sciences aussi, et mes grands parents voudraient que je devienne médecin parce que c’est le métier de ma grand-mère et ils pensent que, de tous leurs petits-enfants, je suis celle qui est la plus capable de reprendre le flambeau; mais moi ça me plaît moyen”



L’écriture est simple et le discours cru, sans fioritures . On assiste impuissant à la déchéance de l’adolescente qui n’a qu’une envie: être aimer.
Thème universel et intemporel, l’adolescence 70´s de la jeune Minnie s’accorde on ne peut mieux avec le dicton « sex, drugs et rock’n’roll ».

“T’as vraiment envie de te faire vraiment baiser pour de vrai!” J’ai rigolé mais je n’étais pas vraiment sûre d’avoir envie que lui ou quelqu’un d’autre me baise, mais j’avais peur de laisser passer l’occasion parce que peut-être elle ne se représenterait plus jamais”



GRAPHISME


Une œuvre hybride entre le roman graphique et le roman. En effet, on alterne les pages manuscrites, les illustrations et les planches type BD. Des noirs et blancs assez réalistes. Un trait peut-être un peu plus grossier lors des planches .

En définitive, malgré les quelques longueurs et certaines situations qui m’ont laissé perplexe ( Ça va loin ! Peut-être un peu trop ? Ou bien cela vient du fait que j’ai fais une adolescence très très calme 🤣), ce roman reste un récit à découvrir si vous en avez l’occasion 😉.

Une adaptation cinématographique existe nommée « The diary of a Teenage Girl ».

Quelques mots sur l’auteure

Phoebe Gloeckner est artiste contemporaine, romancière et auteur de comics. Elle est née en 1960 à Philadelphie, mais c’est à San Francisco qu’elle a grandi, dans une famille d’artistes.[…] Elle publie en 1998, un recueil de bandes dessinées et en 2002, Vite trop vite. Elle travaille depuis 2008 soutenu par la fondation Guggenheim, sur l’affaire des disparues de Juarez.

Editeur: La Belle Colère, 10/09/2015, 332 pages