LES SIMPLES- YANNICK GRANNEC

24 September 2019 0 By Manon

Rentrée littéraire 2019

Résumé:

1584.Provence. Abbaye Notre-Dame du Loup. Les sœurs bénédictines sont connues dans la région pour soigner la population dans leur hôpital grâce au savoir de la doyenne sœur Clémence. Cette dernière maîtrise l’art des « simples », des plantes médicinales utilisées telles qu’elles sont fournies par la nature. Ses préparations sont même prisées au sein de la Cour. Grâce à leur renommée et « une exemption entière de l’ordinaire » les louventines jouissent d’une totale indépendance et autonomie. Ce qui ne plait guère au nouvel évêque de Vence, Jean de Solines, qui veut récupérer leurs bénéfices financiers sous prétexte d’un manquement à la loi du roi. À l’aide de son vicaire , Léon de la Sine, ils vont inspecter l’abbaye pour y dénicher un quelconque scandale ….

Je vous l’avais dis que mes lectures étaient à thème en ce moment ! Et c’est même pas fait exprès🤣.

J’ai découvert l’auteure avec ce roman et je remercie les éditions Anne Carrière pour cet envoi .


Mon avis:

Après un début pour moi un peu complexe où nous faisons connaissance avec les personnages et la nomenclature ecclésiastique, l’auteure m’a par la suite complètement transportée dans ce récit dense, richement documenté à l’écriture si poétique.

La thématique, l’époque, le suspense et les nombreux rebondissements font de cette intrigue médiévale un roman assez atypique dans cette rentrée littéraire.

Se déroulant sur plusieurs mois, j’ai aimé suivre le quotidien de ces moniales aux forts caractères subissant le machisme religieux mais également la pression hiérarchique de la communauté .

Hypocrisie religieuse avec ,entre autre, un évêque « oubliant » son vœu de chasteté.Jalousie, convoitise, ambition et trahison au sein même de l’abbaye. Sans oublier l’Inquisition et ses prompts jugements. Des femmes sachant guérir, n’est-ce pas là l’œuvre du Malin ou de la sorcellerie ?
Rien ne sera épargné à Mère Marie-Vérane et ses protégées.

Un huis-clos où nous nous reprenons une bouffée d’air frais lors des cueillettes sur les berges du Loup avec la doyenne sœur Clémence. D’un caractère discret mais parfois fantasque elle possède une incroyable connaissance de la Nature qui l’entoure. Son enseignement elle le dispense à Gabrielle, abandonnée aux portes du couvent à l’âge de 5 ans et qui fait maintenant la fierté des louventines.

“La doyenne n’éprouve aucun orgueil envers son travail ; ces préparations ne sont qu’une vaine tentative pour fixer la puissance fugitive de la nature. Rien n’égale une plante fraîche. Quatre saisons dessinent la roue d’une éternelle résurrection : de la racine à la feuille, de la fleur au fruit, les sucs montent vers la lumière puis rejoignent le repos de la terre avant de rejaillir et de s’endormir encore, mais dès qu’ils sont cueillis, les simples meurent doucement. Elle a tenté différents séchages, décoctions, macérations ou effleurages. Elle a travaillé avec le vinaigre, le vin, l’olive, le miel ou le suif, les pots de faïence ou les fioles de verre. Elle a essayé toutes sortes de prières et quelques invocations locales, rien ne remédie au temps : en quelques mois, les tisanes n’ont pas plus de vertu que le foin ; les huiles et les cires rancissent. Tout pourrit, s’effrite et disparaît. Chaque année, tout est à recommencer. Sœur Clémence partira sans avoir pu capter l’âme fugace des simples, le souffle secret qu’y a placé le Créateur. Et elle abandonnera avant d’avoir su guérir toutes les douleurs. Voilà qui ne mérite aucune fierté.”


À chaque chapitre nous alternons les personnages explorant ainsi leurs tourments et leur complexité. Le récit est également ponctué de dictons et de poèmes.

En définitive, encore une bonne lecture que je vous invite à découvrir 😉

Vous connaissez l’auteure ? Ce titre vous tente ?

Editeur: Anne Carrière, 23/08/19, 445 pages